Caisses régionales | Thème Développement durable 
Le 27/08/19

Les Français conquis par le bio 

La consommation de produits biologiques par les Français est en constante augmentation. Si le secteur de l’alimentaire est particulièrement en pointe, d’autres filières bénéficient elles aussi de l’engouement pour le bio.

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71 % des Français consomment au moins une fois par mois un produit issu de l'agriculture biologique. © IStock.

En 2018, plus de 9 Français sur 10 ont déclaré avoir consommé des produits biologiques. Les trois-quarts de nos compatriotes achètent bio au moins une fois par mois et 12 % le font tous les jours. Les chiffres du dernier baromètre de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique le confirment : autrefois secteur de niche, le bio pèse de plus en plus en France. Encadré par une réglementation européenne depuis 1991, il a pour objectifs le respect de l’environnement, de la biodiversité et du bien-être animal. Seuls les produits qui en sont issus peuvent porter le logo bio européen et la marque AB.

Une tendance révélatrice de réels changements sociétaux

Hier encore circonscrits à la vente en boutiques spécialisés, les produits issus de l’agriculture biologique envahissent les étals de la grande distribution. Légumes, viande, œufs ou encore yaourts sont à l’offensive dans l’alimentation.

Mais, cette aspiration à consommer plus sain s’élargit à bien d’autres catégories : produits d’entretien, cosmétiques, habillement, matériaux de construction... La tendance est forte chez des Français de plus en plus conscients des enjeux environnementaux et soucieux de leur santé.

Pour les acteurs des filières bio, les voyants sont au vert. Mais les opportunités qui s’ouvrent à eux ne vont pas sans défis à relever. A leurs côtés, le Crédit Agricole s’engage afin de leur donner les moyens de développer leur activité.

Prosperite fermiere

Chaque vache qui produit le lait Prospérité dispose de 15 ares (1 500 m2) de pâturage accessible et ce, durant au moins 170 jours par an. © Prospérité fermière.

Montée en puissance du bio dans l’agro-alimentaire

L’agroalimentaire, retardataire de la conversion biologique ? Pas si sûr : le secteur a entamé sa mue depuis plusieurs années. Ainsi, dans les Hauts-de-France, la coopérative La Prospérité Fermière Ingrédia a collecté, en 2018, 4 millions de litres de lait bio. « A partir de 2015, le cours du lait a connu une chute sans précédent, en grande partie à cause de la réduction des achats des Chinois et de l’embargo russe, détaille Sandrine Delory, directrice générale de la société. Nous avons envisagé de nouvelles pistes, dont le développement d’une consommation et d’une production responsable. » 

La coopérative a mis en place des conditions incitatives pour les éleveurs tentés par le bio : un prix plancher garanti pendant la période de conversion puis un prix d’achat fixe connu à l’avance pour l’année, et des volumes de collecte illimités en bio. « La démarche veut démontrer qu’un modèle différent est possible dans un projet coopératif à taille humaine. Le Crédit Agricole Nord de France, notre partenaire historique, nous accompagne dans cette aventure. Nous avons ainsi organisé ensemble une journée d’information au cours de laquelle les experts agriculture et marché de la banque sont venus expliquer l’intérêt du bio à nos éleveurs. »

Des algues pour nourrir les plantes et les hommes

Les engrais destinés aux professionnels de l’agriculture sont eux aussi rattrapés par la vague bio. A Kersaint-Plabennec (Finistère), Penn-Ar-Bed récolte et transforme des algues en fertilisants bio pour l’arboriculture, la viticulture, ou encore le maraîchage et les grandes cultures. « Nous sommes ici sur la côte sauvage de la Mer d’Iroise et de la Manche, où des courants marins, des marées de grande amplitude et un climat houleux ont donné naissance à l’un des plus beaux champs d’algues en Europe », explique Gilles Vincent, directeur général de l’entreprise que le Crédit Agricole du Finistère accompagne depuis sa création en 1993.

Penn-Ar-Bed commercialise des extraits contenant des principes actifs naturels, adaptés aux différents stades de la vie des plantes : germination, croissance, nouaison, floraison, véraison... « Nous nous sommes fixé comme objectif de fournir aux agriculteurs des solutions fertilisantes naturelles et efficientes à des prix accessibles », précise Gilles Vincent.

Sous la marque Damona, la société a mis sur le marché une spiruline qui permet aux sportifs de mieux récupérer après un effort intensif et long. Avec un atout déterminant : une production et une transformation 100 % française, dans un secteur où l’origine des produits est parfois douteuse.

 

Vegisserie-OK

Audrey et Timothée Debièvre Hellio à la tête de la Veggisserie. © La Veggisserie.

Des pâtisseries avec moins d’allergènes qui ont du goût

A Saint-Arnoult (Calvados), Timothée Debièvre-Hellio vient de terminer la cuisson d’une série de macarons végan et bio. Chef-pâtissier pendant une quinzaine d’années dans une chaîne hôtelière de luxe, il a créé La Veggisserie avec son épouse Audrey, et le soutien du Crédit Agricole Normandie. « C’est au cours de ma grossesse que j’ai développé une intolérance au lactose, qui a également touché notre petit garçon avec d’autres allergies alimentaires, se souvient celle-ci. Du jour au lendemain, je me suis mise à faire la chasse aux différents allergènes sur les étiquettes ! »

Cette lourde contrainte, le couple a voulu la transformer en opportunité, en créant une gamme de produits pâtissiers réduites en allergènes. Tarte au citron meringuée, mi-cuit au chocolat mais aussi glaces et sorbets : La Veggisserie propose des gourmandises réalisées à partir de matières premières exclusivement végétales et bio, sans conservateurs ni arômes artificiels.

« Nos producteurs, issus de marchés locaux ou du commerce équitable, sont rigoureusement sélectionnés, revendique la jeune femme. Acheter bio est une chose, mais nous devons également nous assurer que les produits ont du goût, comme ces citrons achetés en Italie plutôt qu’en Espagne... »

Chanvre-chantier Burin Penet

Chantier du collège de Montévrain (Seine-et-Marne), réalisé par l'entreprise Burin-Penet, adhérente de CenCIDF. © Burin Penet.

Du chanvre pour construire des bâtiments entiers

La consommation bio renvoie souvent à l’alimentation. Pourtant, en matière d’habitat, le choix des matériaux aussi évolue. Construire a un effet négatif sur l’environnement : on estime que cette activité est responsable de près de 30 % des émissions de CO2…

Il s’agit donc de trouver des solutions pour diminuer cet impact et, à ce jeu, le chanvre pourrait bien gagner. « Cette plante cumule les atouts, se plaît à rappeler Philippe Lamarque, architecte et président de Construire en chanvre en Île-de-France (CenCIDF). Elle est cultivée en rotation et ne concurrence donc pas la culture vivrière. La quasi-totalité de la plante est utilisée : la graine est vendue pour l'oisellerie, la pisciculture ou l'alimentation humaine, le bois est transformé en paillis ou granulat tandis que la fibre est utilisée dans l'industrie automobile et le secteur du bâtiment. »

A Melun (Seine-et-Marne), 10 hectares de chanvre ont été plantés sur les terrains en attente de construction de  l’éco-quartier Woodi, un projet immobilier porté par Crédit Agricole Immobilier et le Crédit Agricole Brie Picardie. Excellent isolant, le chanvre se fait béton pour les murs et les cloisons des maisons et des immeubles. « C’est un bon tampon hydrique, économique pour les promoteurs comme pour les occupants qui ont moins besoin de chauffer, pour un sentiment de confort plus grand », conclut Philippe Lamarque.

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La marque brestoise de sacs en liége et toile textile Bag Affair, créée en 2017, commence à percer à l’international. © Bag Affair.

Des bagages fonctionnels, élégants et éthiques

De la culture à l’alimentation bio en passant par les matériaux de construction naturels, le tour d’horizon de la consommation responsable ne serait pas complet sans évoquer l’univers de la mode et de la création. La société de Ronja Nielsen et Taiseer Khalil est née de l’expérience professionnelle des deux jeunes femmes. C'est lors de leurs nombreux déplacements professionnels qu'elles se sont mises à la recherche d’un sac adapté à leur besoins, à la fois féminin et sans compromis sur l’aspect pratique. Comme elles ne trouvaient pas de modèles adaptés, elles sont se unies et ont décidé de créer leur propre marque- Bag Affair. « L'idée était de créer des sacs d’affaires pour femme qui combinent praticité et élégance, tout en respectant des valeurs éthiques. Exactement ce que nous n’arrivions pas à trouver dans le commerce ! », sourient-elles.

Une étude de marché plus tard, les deux créatrices, accompagnées par le Crédit Agricole du Finistère, lancent Bag Affair et imaginent plusieurs modèles en textile de liège avec des poignées en bois. Si ces dernières sont fabriquées par des artisans français, le liège provient du Portugal. « Il y a là-bas une filière de production avec des ateliers qui travaillent très bien et sont respectueux des arbres, expliquent les deux entrepreneuses, qui défendent une vision éthique de la mode. La demande des consommateurs évolue vraiment dans ce sens, nous devons y répondre avec des produits irréprochables. »

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